Et pourquoi pas en dérobé ?

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Soja / Les premières moissons, d’orge d’hiver en particulier, pourraient démarrer vers le 20 juin pour les plus précoces dans le secteur du val de Saône élargi. Cela offre l’opportunité d’envisager le semis d’une culture de soja en dérobée avec un réel succès moyennant le respect de quelques règles…

Il est important de profiter au maximum de l’humidité résiduelle du sol après récolte du précédent pour implanter la culture. Le semis direct ou le strip till, se prêtent bien à ce type d’implantation pour peu que la paille ait été bien gérée, de préférence enlevée. Il est également envisageable d’implanter la culture après un passage superficiel d’outil de déchaumage. D’après des enquêtes terrain sur plusieurs campagnes et l’analyse des données météo fréquentielles, les sojas implantés au plus tard vers le 5 juillet sur les bassins de production allant de l’Alsace au nord Rhône Alpes ont toutes les chances d’arriver à maturité entre fin octobre et la première quinzaine de novembre. En termes de densité de semis on visera un peuplement de l’ordre de 550 000 plants / ha soit 600 000 à 650 000 graines semées.

Semer très rapidement après la récolte !
L’orge d’hiver, les pois, les oignons et certaines cultures fourragères récoltées précocement constituent des précédents favorables sur la région pour ce type de production. Il convient également d’obtenir un lit de semence bien nivelé suite à la récolte de la culture précédente pour faciliter la récolte des gousses les plus basses du soja. La réussite de la culture en dérobée repose sur le bon choix variétal. Dans nos régions, seules les variétés dites 000 sont adaptées à la pratique du dérobé : vous pouvez retrouver la liste des variétés disponibles ainsi que leurs caractéristiques sur le site web de Terre Inovia. L’inoculation est impérative sauf à implanter la culture sur une parcelle recevant régulièrement du soja.

Une variété très précoce, type 000
Quand elle est disponible, l’irrigation envisagée dès le semis à hauteur de 20 mm environ, permet de garantir une levée régulière et rapide des plantes ainsi qu’une bonne mise en place des nodosités En cours de végétation, des passages complémentaires peuvent s’avérer nécessaires certaines années : ils seront toujours bien valorisés. En matière de désherbage, la simplicité s’impose : le semis direct et le strip till permettent de limiter les relevées d’adventices alors que le travail superficiel peut provoquer des levées d’adventices estivales. En cas de salissement, la pratique la plus simple reste l’utilisation de Pulsar 40 en poste levée, en application unique ou en fractionné.

20 à 25 quintaux sont possibles
Et les perspectives de rendement en dérobé ? Une parcelle de soja en dérobée, bien implantée, propre et alimentée régulièrement en eau (pluie et/ou irrigation) est tout à fait en mesure d’atteindre un rendement correct, de l’ordre de 20 à 25 q/ha et parfois plus. Le soja est l’une des très rares espèces permettant d’envisager sous nos latitudes une seconde récolte de graines après une première récolte de rente de tout début d’été. La réussite de l’opération repose sur la rapidité et la qualité d’implantation après la récolte du précédent, combinée à une alimentation en eau suffisante tout au long du cycle, de juillet à mi-octobre. La rentabilité de l’opération repose également sur une réelle maîtrise des charges engagées.

Hubert Hebinger – Delphine de Fornel Terres Inovia

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