Organisation et gestion du pâturage

Journee paturage1

Élevage / Haute-Saône Conseil Elevage a organisé une journée de formation sur la conduite du pâturage le mercredi 26 avril à Aboncourt. L’objectif était de donner des clés aux éleveurs en matière d’organisation, avantages/inconvénients des différents types de pâturage, et surface à adopter en fonction des fourrages distribués, pour optimiser l’utilisation de l’herbe.

La journée a commencé en élevages au Gaec du Lenery à Amance, où les 80 vaches laitières pâturent sur 35 ha au printemps, puis à l’Earl de l’Oiselot à Aboncourt, où l’exploitation dispose d’un site d’été en dehors du village pour que les 60 laitières valorisent au mieux l’herbe.

Penser l’organisation du parcellaire
Sur le terrain, les éleveurs ont pu observer différentes organisations du parcellaire, du pâturage tournant simplifié au pâturage dynamique (une parcelle par jour). Il ne faut rien laisser au hasard dans les aménagements, pour maximiser le temps de présence des vaches à l’herbe. Cela commence par l’accessibilité aux parcelles. La confection des chemins doit être adaptée à leur utilisation (passage d’animaux, d’engins plus ou moins lourds), leur largeur est également un point à ne pas négliger pour une bonne circulation. Ainsi pour les grands troupeaux (>100 VL), on favorisera des chemins de 5 m de large partout. Pour les troupeaux plus modestes, 4 à 5 m suffisent en sortie de bâtiment, et 3 m de large pour les chemins principaux. L’accessibilité à l’eau doit être organisée pour limiter les déplacements du troupeau. Dans l’idéal, un abreuvoir se positionne au maximum à 400 m des vaches. On constate qu’à moins de 200 m, on favorise la consommation d’eau sans générer de déplacements en masse. Au-delà de 200 m, les vaches se déplacent par petits groupes, il est donc nécessaire de prévoir une réserve d’eau plus importante (1 200 l pour un troupeau de 50 VL).

Evaluer les couverts des prairies
L’observation des prairies en place sur les exploitations a servi de support pour aborder l’implantation, l’entretien et le vieillissement des couverts. En effet, il existe 3 niveaux d’observation pour définir les actions à mettre en œuvre sur une parcelle afin d’améliorer sa flore. Le 1er niveau (faible dégradation) consiste à favoriser les espèces souhaitées par les pratiques : en alternant fauche et pâturage, en apportant les éléments nécessaires par du fumier vieilli, du compost et des amendements calcaires, en gérant correctement son pâturage (hauteur entrée/sortie, refus), en réalisant éventuellement un désherbage sélectif. Le second niveau (dégradation moyenne) intervient lorsqu’on observe des zones de vide sur la parcelle, zones favorables aux adventices. Dans cette situation, le sursemis est conseillé. Le 3ème niveau indique une prairie très dégradée, c’est-à-dire avec des zones de vide très importantes et une majorité d’espèces indésirables. L’implantation d’une nouvelle prairie est alors nécessaire.

Connaître les repères de conduite
L’après-midi, plus studieuse pour les éleveurs, a permis d’évoquer des rappels de méthode pour savoir comment calculer les besoins en herbe sur son exploitation. Ainsi les repères de 60 ares/VL au déprimage, 30 ares/VL au printemps, 50 en été et 70 à l’automne sont calculés pour un type de sol donné (sol profond dans le cas présent) et pour une ingestion d’herbe à volonté sans fourrage complémentaire. Le système de pâturage choisi doit être en cohérence avec les objectifs des éleveurs : volonté d’aller pâturer plus ou moins loin, temps et main-d’œuvre disponibles, autonomie en fourrages… Plusieurs études montrent malgré tout une quantité d’herbe produite à l’hectare plus importante en pâturage tournant et pâturage dynamique. Cela résulte du temps de repos accordé à la plante, qui lui permet de constituer plus de biomasse que lorsqu’elle est consommée trop fréquemment. Ce temps de repos et donc de repousse est idéalement de 21 jours au printemps, 35 jours en été et 40 jours à l’automne, à adapter en fonction de la croissance de l’herbe. A noter que la hauteur optimale d’entrée dans une parcelle est de 10 – 12 cm (herbomètre) ou stade 3 feuilles, et la hauteur de sortie de 5 cm. Cette quantité d’herbe ainsi disponible permet une bonne valorisation par le troupeau (5 cm disponibles soit 1 100 kg MS/ha) avec des valeurs intéressantes (0,9 UFL et 18 de MAT). L’ajout d’un concentré d’équilibre pour les vaches ne doit donc pas être nécessairement trop azoté (15 à 18 % de MAT maximum) et la complémentation en énergie n’apporte que peu d’effet à la production au-delà de 6 kg. En effet, l’apport d’1 kg de concentrés en plus permet 1 kg de lait supplémentaire, du fait de la substitution concentré-herbe ingérée. Cette journée, dense en informations, a permis d’échanger sur les repères et outils de gestion de l’herbe. Une formation sera de nouveau proposée le printemps prochain sur un autre secteur, afin de gérer toujours mieux le pâturage selon l’année climatique. D’ici là, les conseillers de Haute-Saône Conseil Elevage restent à l’écoute des éleveurs pour plus de détails et peuvent vous accompagner dans vos réflexions individuelles.

Honorine Adam, Catherine Antoine, Louise Bertolini Haute-Saône Conseil Elevage

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