Premiers semis

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Maïs / Cette année, les conditions de préparation des terres dans l’Est de la France sont bonnes. Le choix d’un semis précoce doit tenir compte de la situation de la parcelle.

Avec l’expérience de ces dernières années et les conditions économiques actuelles (coût du séchage à la récolte, qualité sanitaire…), les chantiers d’implantation du maïs commencent début avril, soit plus tôt que dans les années 90. Le maïs comme la plupart des plantes est sensible au froid. Des températures négatives sous abri, peuvent altérer son développement. Pourtant, comme il « cache » son apex sous la surface du sol jusqu’au l’émission de la 6ème feuille, c’est surtout le feuillage qui sera affecté en cas de gel. Les limbes blanchissent et peuvent se nécroser si le gel est intense et persiste. Cette présentation alarmiste doit être tempérée par le fait que le gel n’affecte généralement pas toute une parcelle et par la capacité de la plante à émettre de nouvelles feuilles.

La peur du froid
En fait, par expérience, la sensibilité du maïs au froid est surtout à prendre en compte au moment dit de « la transition florale », c’est-à-dire vers 8 feuilles lorsque les organes reproducteurs se mettent en place et que le futur épi se forme. Cette période se situe vers le 15 mai dans notre région pour un semis du 10 avril. Craint-on un gel à cette période ? Il n’est bien sûr pas à exclure mais reste tout de même exceptionnel.
Cette année, les conditions de préparation des terres dans l’est de la France sont bonnes. La période sans pluie qui se prolonge depuis un bon moment, entrecoupée par-çi par-là, d’averses à la mi-mars est favorable. Dans les parcelles les plus sèches, on observe un dessèchement progressif des horizons de surface. Dans ces conditions, moins les façons préalables seront nombreuses, mieux l’humidité sera conservée. Les préparations creuses et soufflées doivent être proscrites car en limitant le contact graine – sol et racines – sol, elles peuvent limiter l’humidification de la graine et l’alimentation hydrique et minérale de la jeune plante.
Une levée rapide et homogène garantit un bon départ pour la culture. La graine doit être placée au contact de l’humidité dans un sol meuble (aéré) et rappuyé (non creux). Pour assurer une profondeur régulière, il est indispensable de semer lentement avec un semoir en parfait état (pneus bien gonflés, socs pas ou peu usés, aspiration sans faille).
En conditions sèches, sur des terres préparées à l’avance, le semis profond en passage direct constitue généralement une bonne tactique, mais semer superficiellement peut aussi permettre d’attendre la pluie et la levée rapide. En fait, le cas le plus défavorable est celui de l’hétérogénéité de l’humidité en profondeur qui risque d’entraîner des levées très échelonnées. Rappelons que ce n’est pas la vitesse de levée qui est primordiale mais plutôt son homogénéité. Les plantes doivent toutes, lever en même temps.

Avantages et inconvénients des semis précoces
Outre les éventuels problèmes de gel évoqués plus haut, le fait de semer tôt, présente de réels avantages mais a aussi ses limites. Des expérimentations régionales réalisée en 2007 par ARVALIS – Institut du végétal et Bayer sur plusieurs sites en France ont permis de rappeler les points de vigilance.
Les résultats de cet exemple caricatural (1 mois d’écart) sont forcément liés à l’année d’étude. Nous nous en servons pour illustrer certains points et compléter ce que nous connaissons du sujet. Semer tôt :
– Permet de valoriser des variétés tardives (à cycle long) qui ont plus de potentiel.
– Est plus risqué face au gel précoce mais surtout à la transition florale (8-10 feuilles).
– Favorise la levée échelonnée des adventices et nécessite un programme plutôt en deux passages et plus coûteux.
– Expose plus les plantes à des attaques de ravageurs du sol (les plantes végètent plus longtemps).
– Permet de récolter plus sec et/ou plus tôt (pour des variétés de même précocité), et de préserver la qualité sanitaire (évite les récoltes trop tardives).
Peser les plus et les moins doit être fait pour chaque situation (parcelle infestée de taupins, colonisée par les mauvaises herbes, battante à réchauffement lent…).

 Didier Lasserre (Arvalis – Institut du végétal)

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