L’OS à l’heure européenne

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Montbéliarde / L’AG de la section Haute-Saône et Nord-Est de l’OS Montbéliarde s’est tenue le 8 mars à Vesoul. À cette occasion, les éleveurs ont bénéficié d’une présentation du nouveau « règlement zootechnique de l’Union Européenne » et de son impact sur les modèles d’organisation des organismes d’élevage.

La race montbéliarde continue sa progression. En France, elle séduit de plus en plus d’éleveurs, comme le montrent les chiffres du contrôle laitier, qui dénotent une progression de 50 000 vaches en 9 ans, quand la Normande en perd le même nombre et la Holstein en perd le double. La Montbéliarde conforte donc sa position de seconde race laitière avec 19 % des effectifs, et des résultats 2016 à la hauteur des espérances : 7 127 kg, 3,3 % de TP et 3,9 % de TB.
À l’internationale aussi, la race a la cote. Malgré une légère baisse de 4,1 % des semences exportées en 2016, la tendance à long terme est excellente : 800 000 doses et 13 800 animaux exportés. Les destinations principales sont toujours l’Algérie (56 %) et le Maroc (28 %). La Russie recule en bas du podium avec seulement 4,8 % des ventes, et la Turquie dégringole alors qu’elle représentait 9 % des ventes en 2015.

Dépoussiérer notre mode de fonctionnement à l’OS
Du côté de l’organisation de l’OS, des changements importants sont attendus. En effet, le nouveau Règlement Zootechnique de l’Union Européenne (RZUE) va transformer l’organisation française de la sélection raciale. Comme c’est déjà le cas dans d’autres pays européens, de nouveaux organismes de sélection (OSue) vont être créés, avec des compétences renouvelées : gestion du livre généalogique, contrôle de performance (en propre ou en délégation), programme de sélection (définition des standards et objectifs de sélection) et évaluation génétique des reproducteurs (ISU).
Alain Vuaillat, président de l’OS, a annoncé la refonte de l’OS selon ces nouveaux critères, avec un objectif de mise en place des nouvelles instances à la fin du printemps, et un agrément des nouvelles structures fin 2018. Philippe Maitre, directeur de l’OS, a présenté la démarche qui a permis à l’ensemble des acteurs de l’OS de se mettre d’accord sur la nouvelle organisation. « Nous avons organisé une cellule de réflexion, avec tous les acteurs de la sélection. Le premier point qui a émergé, c’est qu’il est impensable que nous nous retrouvions avec 3 races différentes, 3 indexations différentes pour la Montbéliarde. » Il a donc fallu se mettre autour de la table, « crever les abcès » parfois, pour « maintenir l’unicité raciale autour d’un socle commun fort ».
Les 12 membres de la cellule (des éleveurs seulement, pas d’administratifs) représentant Umotest, Jura-Bétail, et La Comtoise MLS se sont donc réunis en décembre, avec le soutien d’un consultant, Joseph Vandenbroucke. Ils ont convenu de conserver un « même système d’évaluation génétique », pour garder une homogénéité dans les notations. « Hors de question que la Haute-Saône parle en francs, et le Doubs en euros », a illustré le directeur. Dans la même logique, le livre généalogique va aussi rester commun, et la promotion générique sera partagée.

Les 3 ES actuels deviennent OSue
Comme le permet la nouvelle réglementation, les 3 entreprises de sélections (ES) actuelles deviendront OSue. Pour conserver une cohérence d’action, « ils délégueront un certain nombre de leurs missions à l’OS actuel, qui d’ailleurs ne s’appellera plus “OS” » ! L’assemblée générale du 12 avril à Dannemarie-sur-Crête (25) sera l’occasion de faire le point sur les nouveaux rôles attribués à chacun.
Autre changement : l’INRA va se désengager de la partie « calcul des index » qu’elle faisait jusqu’alors pour les races laitières, notamment la Montbéliarde. « Ce qui se faisait hier avec nos impôts devra se faire demain avec nos cotisations. » Une note comprise entre 200 et 400 k€, à condition que les coûts fixes soient partagés avec les éleveurs Holstein.
C’est donc une « association rénovée » qui attend les éleveurs de Montbéliarde cette année. De 30 administrateurs aujourd’hui, on n’en comptera plus que 20 demain, dont 10 issus des ES, et 7 issus des territoires (1 pour Nord-Est-Haute-Saône).

LD

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