Au lycée agricole, la science appliquée

Lycee

Enseignement agricole / Sur l’exploitation du lycée agricole à Port-sur-Saône, on effectue depuis plusieurs années des essais de colza associé à des couverts de légumineuses. Une démarche désormais incluse dans un dispositif d’envergure nationale, qui sert également de base pédagogique concrète aux étudiants.

Produire, former, innover. Le slogan de l’exploitation du lycée agricole lui ressemble bien, à la lumière des expériences qui y sont menées dans le domaine de la production végétale. Ainsi depuis plusieurs années, des essais de colza associés à des légumineuses y sont suivis de près : ils servent de base pédagogique pour les élèves et sont petit à petit améliorés et implémentées à grande échelle.

Un réseau national
Le choix des essais menés au sein du lycée sont bien sûr guidés par les orientations du Ministère de l’Agriculture. Mais en pratique, une certaine latitude est laissée aux établissements pour le choix des thèmes d’étude et des protocoles. « On regarde les appels à projet, on se tient à l’écoute, explique Grégory Choux, directeur-adjoint de l’EPLEFPA de Vesoul. Il faut en tout cas que ce que nous engageons corresponde aux projets et aux pratiques de l’exploitation. » Le facteur humain est important : il se trouve que le salarié de l’exploitation, Gabriel Colombo, est intéressé par la technique et impliqué dans le projet. La mise en place des essais de colza associés a d’abord été faite en collaboration avec la chambre d’agriculture de Haute-Saône, en 2012. Rapidement, les essais se sont intégrés dans le cadre national du projet Casdar Alliance, piloté par l’UMR d’agronomie de l’Inra de Grignon (AgroParisTech). Les résultats sont donc mis en commun avec ceux d’une dizaine de chambres d’agricultures, d’unités de l’Inra, ainsi que des lycées agricoles de Poitiers et de La Roche-sur-Yon. En tout une vingtaine de sites, mais deux seulement dans l’Est de la France.

Pédagogie avant tout
À chaque étape de la culture, les élèves de la seconde au BTS sont amenés à travailler sur une partie du protocole. À part les semis qui ont lieu pendant les vacances d’été, les élèves sont mis à contribution. Diane-Marie Lubac est ingénieur enseignante en agronomie, au sein du lycée agricole : « Les élèves sont impliqués à la levée, pour la reconnaissance des espèces par exemple. Nous les faisons discuter sur les avantages et les inconvénients de la culture associée. » Plus tard, en entrée puis en sortie d’hiver, ils seront mobilisés sur les pesées de biomasse : l’occasion aussi d’aborder les notions d’échantillonnage, de variabilité spatiale, etc. En travaux dirigés, les élèves sont invités à utiliser la réglette azote colza de Terres Inovia pour estimer les besoins en fertilisation. C’est tout le déroulé d’un essai que les étudiants peuvent s’approprier : « Nous essayons de faire comprendre que les résultats obtenus sont le fruit de l’observation, mais aussi de planification, de suivi à long-terme et de traitement statistique », résume Grégory Choux. Les autres thématiques du lycée sont aussi couplées à ces essais, pour plus de « transdisciplinarité » : les images prises par les drones sont ainsi analysées pour confirmer le diagnostic de fertilisation. De même, les comptages de ravageurs (méligèthes) sont faits dans le cadre du réseau BSV (bulletin de santé du végétal).

Résultats technico économiques
En fin de course, la recherche appliquée en agronomie doit permettre de rendre plus durables les systèmes de culture : et qui dit durable, dit rentable. Les notions de coûts de production sont donc mises en avant, et c’est finalement la marge brute par hectare qui sera le juge de paix. Sur la dernière campagne, la modalité « témoin » sans couvert associé aura été celle avec la marge brute la plus faible (966 €/ha), derrière les modalités « bas niveau d’intrant » (1 179 €/ha) et « productif » (1 433 €/ha). Le calcul des charges opérationnelles aura également été concordant avec les hypothèses de départ : 575 €/ha pour le colza seul (témoin), 573 € pour les modalités « bas niveau d’intrant », et 626 €/ha pour les modalités « intensives ». Vous avez dit « pédagogie » ?

LD

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