Un outil simple pour piloter la trésorerie

Tresolait

Formation / La formation « Trésolait » s’est achevée à Vesoul le 21 novembre. Une session de 2 jours pour apprendre à maîtriser un outil simple et accessible, permettant aux producteurs de lait de piloter finement leur trésorerie. Une autre session pourrait être organisée.

La crise que la filière laitière traverse se traduit en premier lieu par une crise des trésoreries. Partant de ce constant, l’Afpasa a lancé la formation « Trésolait ». Cet outil est issu de la réflexion d’une dizaine d’éleveurs du Finistère qui ont défini eux-mêmes le cahier des charges, avec l’appui de la chambre d’agriculture 29. « La saisie doit s’appuyer sur la conduite au jour le jour de l’exploitation, témoignait l’un d’entre eux : les livraisons mensuelles de lait, sa qualité, le calendrier prévisionnel des vêlages et des réformes, la consommation de concentrés au mois le mois, l’itinéraire technique des cultures, les quantités d’engrais à commander… » Le tableau de bord doit être simple d’utilisation, peu gourmand en temps et ré-actualisable en cours d’année.

La confidentialité des données respectée
Une demi-douzaine de stagiaires de Haute-Saône ont donc suivi le stage animé par Marie-Christine Pioche et Amélie Cussey, de la chambre d’agriculture. La première demi-journée a été consacrée à la prise en main du logiciel : un simple tableur Excel, utilisable par tous (et notamment avec la suite LibreOffice pour ceux qui ne disposent pas d’Office). Chacun était invité à amener ses chiffres, Grand Livre détaillé, bilan comptable, derniers relevés bancaires… Chacun travaille avec son ordinateur et ses chiffres, « la confidentialité des données est respectée », rassure un participant. Une fois les chiffres renseignés, des graphiques sont automatiquement générés. « Ça motive ! »

« On peut aller loin avec un outil accessible »
L’évolution de la trésorerie est donc rapidement visible. « Il est possible de rentrer au niveau de précision que l’on veut, souligne un stagiaire. On peut aller loin avec un outil accessible. ». Le gros avantage du système, c’est aussi qu’il se remet à jour dès que les données réelles sont connues. « On travaille avec du prévisionnel, mais une fois le réalisé connu, on voit tout de suite ce qui se décale. » Dès qu’un élément se modifie (livraisons de lait, paiement ICHN, retard PAC, dépense imprévue), la conséquence est visible. « On réalise que tel poste de charges par exemple peut être un levier pour optimiser la trésorerie. » Bien plus compréhensible qu’un logiciel de comptabilité, Trésolait est aussi « plus simple et plus réactif ». « Je n’ai habituellement pas de grosse surprise avec ma compta, je la suis de près, constate un stagiaire. Mais j’en suis encore au papier-crayon. Un logiciel de compta, ça ne me donne pas envie. » Alors pour anticiper les besoins de trésorerie plus facilement, le tableur proposé convient. Réutilisable d’année en année, il ne demande pas de compétence particulière en informatique. Dans le Finistère, plus de 500 éleveurs laitiers ont déjà été formés depuis 2008. En Haute-Saône, une nouvelle formation pourrait être organisée si un nombre suffisant d’éleveurs le demande.

Exemple : Evolution du solde bancaire avec ou sans avance DPU
Trésolait peut aider à la prise de décisions dans la relation avec le banquier. Dans un cas pratique, supposons que la première prévision de trésorerie sur la campagne laitière montre un découvert prévisible de juin à novembre. Avec le banquier, l’ouverture de crédit est négociée à hauteur de 5 000 € . Le repère est en général un mois de chiffre d’affaires lait pour les exploitations spécialisées. Pour cette ouverture de crédit qui sert à couvrir le cycle normal de production, les taux d’intérêt sont de l’ordre de 7 à 8 % sur les comptes professionnels (17 % sur les comptes privés). Au-delà de l’ouverture de crédit, le taux est réglementairement augmenté de 3 % majoré d’éventuels frais pour mouvements irréguliers. Dans la deuxième hypothèse, comme il s’agit de payer les mises en culture, il peut être plus intéressant de recourir à un prêt court terme. Il constitue une avance sur une rentrée certaine comme les DPU, subventions ou remboursement TVA. Avec un déblocage de 5 000 € au mois de juin, la situation de trésorerie est moins tendue pour attendre le versement des aides. Les frais financiers seront réduits.

D’après CA 29

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