La lait payé comme en 2009

étourneaux et vaches

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En Haute-Saône / Les indicateurs au mois de juillet ne sont pas bons, notamment à cause des prix allemands qui plongent au second trimestre. En juillet, Aboncourt et Milleret continuent le prix fixe à 320 et 300, Ermitage à 291 ; les autres entreprises persistent à suivre les indicateurs et imposent donc des prix bien en dessous des coûts de production.

L’érosion du prix du lait en France est constante depuis septembre 2014, malgré un léger mieux à l’été 2015. Sur les 7 derniers mois qui comptent pour le calcul théorique du prix, l’écart avec l’Allemagne est de 28€ en moyenne. Pas de quoi redonner de l’espoir aux producteurs de lait.

De 254 à 320 € base
Les principales entreprises qui collectent en Haute-Saône ont annoncé leur intentions pour le mois de juillet. Pâturages Comtois (Aboncourt) et Milleret se maintiennent à un prix déconnecté (à raison) et bien au-dessus des indicateurs, à respectivement 320€ et 300€/1 000 L. Ermitage semble également vouloir maintenir son prix d’acompte à 291 €, comme la coopérative le fait depuis le début de l’année ; elle a également permis une rallonge de 7 % des volumes.
La paye de lait sera plus légère chez les 3 autres collecteurs. Sodiaal tout d’abord renouvelle son prix A à 270 €. Avec un B proche de 190 €, les producteurs qui lui livrent le lait devraient comme les deux mois précédents toucher environ 260€/1.000 L en base. Chez Lactalis, on annonce un prix de base en chute de 22€, à 233 € indicateurs compris, mais également une hausse du « soutien » à 30€ (contre 10€ en juin), soit un prix payé proche de 254€ base, flexibilité comprise. D’après la Commission Européenne (voir le Milk Market Observatory), les producteurs français n’avaient pas connu de tels prix depuis la crise de 2009.

Champagne amer pour Savencia
De son côté, l’entreprise Savencia (ex Bongrain) ne fait pas dans la diplomatie. La semaine passée, sans accord de ses Organisations de producteurs (OP), elle annonçait un prix fixé sur les indicateurs jusqu’à la fin de l’année, soit une estimation à ce jour proche de 262 € sur le second semestre (à ajuster en fonction de l’évolution des indicateurs bien entendu). Un coup dur pour les producteurs, le président de l’OP Serge Rolland (89) regrettant aussi la suspension de la prime de 20€ qui était versée à tous les producteurs en échange d’une limitation des volumes au niveau national (en dessous de 95 % du volume contractuel).
A quelques jours d’intervalle, sur le site d’Iloud (52), les producteurs étaient invités à « fêter » les 60 ans du Caprice des dieux… A chacun était remis une bouteille de champagne. Un cadeau amer pour les producteurs qui préféreraient probablement une paye à hauteur de la valorisation réelle de leur lait, qui leur permettrait de s’offrir plusieurs caisses de champagne par mois. Un affront donc, que certains producteurs sont allés laver en rendant leur bouteille, vendredi 1er juillet en fin de matinée, pour marquer leur indignation.

LD

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