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Élevage / Le contrôle du stock d’herbe sur pied est une activité cruciale pour l’éleveur qui doit veiller à adapter au mieux sa production d’herbe et son pâturage. L’idée étant d’économiser au maximum sur les aliments achetés.

L’herbe au bon stade « est un aliment riche, complet et équilibré dont la valeur dépasse souvent celle d’un aliment du commerce » rappelle-t-on à l’INRA. Les valeurs mesurées parlent d’elles-mêmes : au stade 10 cm, 0,96 UFL pour 16,7 % de MAT / kg de MS ; au stade floraison, 0,66 UFL pour 9 % de MAT / kg de MS. En Franche-Comté, un Groupe Herbe a été constitué il y a plus de 6 ans, avec des techniciens des chambres d’agriculture et du contrôle laitier. Toutes les semaines de mars à octobre, ils mesurent les croissances de l’herbe dans la région en plaine, sur les plateaux, en montagne, en sols profonds et en sols superficiels. Avec ces données, ils publient une carte (voir p 11) et estiment le potentiel fourrager associé.

Le bon stade et la bonne taille
Vendredi 29 avril à Genevreuille, sur l’exploitation de Régis Ledeur, le Groupe Herbe est ainsi venu rappeler l’importance du pilotage fin de la croissance de l’herbe, et la mettre en pratique avec des techniciens du contrôle laitier et des éleveurs. « Le plus important, explique Mickaël Grevillot de la chambre d’agriculture, c’est de bien connaître les hauteurs d’herbe en entrée et en sortie de pâturage. » L’outil à la portée de tous est simplement la botte : 8 cm à la cheville, 10-12 cm au bas du mollet, 15 cm à mi-mollet. Mais l’outil ad hoc est bien sûr l’herbomètre (moins de 100 €) qui permet de lire directement la quantité de fourrage disponible par mesure de la hauteur et de la densité d’herbe. « Cela permet de rationaliser son pâturage. »

Éviter de gaspiller
L’objectif, évidemment, est d’arriver à adapter au mieux l’offre à la demande. Une VL consomme en moyenne ses 16 à 18 kg de MS par jour. La prairie, de son côté, est improductive de novembre à février, puis fournit globalement : 30 kg MS/ha/jour, 55 kg de mai à mi-juillet, 35 kg jusqu’à fin septembre, 25 kg à l’automne. Tout l’art du pâturage est d’éviter de gaspiller l’herbe quand elle pousse en abondance au printemps, et de la ménager quand elle commence à manquer. Avec le pâturage tournant, on gère ces deux priorités : il faut « rentrer à la bonne hauteur » (entre 10 et 12 cm), lorsque l’herbe n’a pas encore épié, et « sortir quand il faut », entre 5 et 6 cm. Au-delà de 15 cm, on augmente la quantité de refus : on favorisera la fauche. Finalement, une herbe ingérée au bon stade, à la bonne hauteur, à la bonne valeur alimentaire, c’est moins de concentrés et plus d’autonomie.

La porte de pâturage : indispensable avec un robot
Chez Régis Ledeur à Genevreuille, l’exploitation est équipée depuis février 2015 d’un robot de traite. Mais l’herbe continue à être l’aliment de base du troupeau en saison, grâce à un parcellaire bien groupé, et une volonté affichée de l’éleveur.
L’astuce jugée indispensable : la porte de pâturage qui permet de trier les animaux et de les répartir intelligemment : dans une parcelle proche pour les boiteuses et les fraîches vêlées, dans la pâture de jour, ou dans la pâture de nuit.
Résultat ? Les vaches circulent bien, même s’il faut garder « une carotte » pour les inciter à revenir : le concentré, bien sûr, au robot et au DAC, la ration à l’auge, mais aussi l’eau, qui n’est plus disponible dans les pâtures, mais seulement au bâtiment. Les quantités produites et les fréquences de traite prouvent que la méthode est efficace, même pour les parcelles les plus éloignées, la plus lointaine étant située à 700 m du bâtiment.

LD

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