Réussir les semis précoces

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Implantation du maïs / S’ils augmentent le rendement par rapport aux semis tardifs, les semis précoces nécessitent néanmoins d’éviter des conditions trop fraîches et de privilègier un sol bien ressuyé.

En maïs fourrage, le 1er avril au Sud de la Loire et le 10 avril au Nord sont des dates-repères pour débuter les semis. Chaque année, nos essais le confirment : les semis précoces augmentent le rendement et la qualité de la récolte par rapport aux semis tardifs… à au moins deux conditions. La première concerne la « précocité de semis » qu’il faut relativiser, par rapport au risque météo d’un semis en conditions trop froides. La seconde concerne le ressuyage du sol. Il existe également des techniques pour aider les semis précoces à démarrer.
Les semis de maïs fourrage ont avancé de 10 jours en 15 ans. Cette précocification vise en premier lieu à esquiver la sécheresse estivale par une floraison précoce des plantes, pour favoriser un nombre optimal de grains par plante. Cependant il ne faut pas aller dans l’extrême opposé en mettant trop la plante sous stress en début de cycle par un semis trop précoce.

Attention à la surface foliaire
Des travaux récents ont montré que des semis trop précoces pouvaient engendrer un moindre développement des feuilles : les températures fraîches et un moindre rayonnement ralentissent l’activité photosynthétique des plantes. Ce déficit de fonctionnement peut se retrouver à la floraison dans le rendement de la partie tige et feuilles avec des niveaux de biomasse à la récolte aléatoires. Réaliser un semis très précoce, voire ultra-précoce, sous-entend une plus grande prise de risque avec une durée semis – levée plus longue et une période postlevée plus souvent exposée à des températures inférieures à 10 – 12 °C. Sur la base de ce critère, en moyenne, les semis réalisés à partir du 1er au 5 avril pour le Sud France et du 10 au 15 avril pour le Nord France ont de meilleures chances de réussite.

Attendre le ressuyage du sol !
Semer tôt ne se décide pas uniquement sur un calendrier. Il faut aussi attendre le ressuyage du sol avant d’intervenir dans la parcelle. L’objectif du travail du sol est d’obtenir un profil favorable à l’enracinement et un lit de semences propice à une levée homogène et si possible rapide. Pour cela, il faut viser un profil sans semelle, sans lissage par les outils et sans compaction, ce qui facilitera la mise en place des racines. De plus, un sol ressuyé se réchauffe mieux. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Un bon travail du sol en conditions ressuyées apportera plus de résultat qu’un semis réalisé quelques jours plus tôt en sol non ressuyé.

Starter pour un bon démarrage
Associée à un semis précoce, la fertilisation starter a un effet positif sur le démarrage des plantes : une plante qui démarre vite est moins sensible aux attaques des ravageurs et s’implante mieux. Cependant, son coût n’est pas négligeable et le résultat n’est pas systématique. Les meilleurs résultats s’observent pour des semis précoces, dans des parcelles froides avec un potentiel de rendement élevé. L’azote apporté par l’engrais starter est à prendre en compte dans le raisonnement de la fumure de la parcelle.

Protection insecticide à l’appui
La protection insecticide de la semence est aussi une assurance contre les ravageurs souterrains. Traitement de semences ou microgranulés dans la raie de semis protègent la jeune plante et sécurisent le peuplement. Pour les semis 2016, de nouvelles solutions à base de lambda-cyhalothrine (famille des pyréthrinoïdes) complètent la panoplie des solutions microgranulées déjà présentes sur le marché (Force 1,5G, Belem 0,8 Mg, Fury Géo) : il s’agit des produits Karaté 0,4Gr (homologué depuis fin 2015) et Trika Expert (homologué fin janvier 2016).

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