L’élevage resserre les rangs

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Elevage / Les organismes d’élevage ont tenue une assemblée commune cette année : Contrôle Laitier, Livre Zootechnique, Etablissement de l’Elevage et GDS ont tous insisté sur la nécessité de rationaliser les moyens proposer aux éleveurs du département un service resserré.

Les organismes d’élevage traversent une passe difficile. « Le monde bouge autour de nous, rappelle le président de l’EDE Michel Daguenet. Nous ne pouvons pas faire comme si nous étions toujours dans ce monde des années 1960, lorsque les lois d’orientation ont mis en place les outils que nous utilisons toujours. » L’année 2015 a ainsi été le temps des grands changements : « La chambre d’agriculture a dénoncé la convention avec le LZ », résume Olivier Paquelet son président qui se félicite que la transition « ne se soit pas faite de façon abrupte ». En effet, « la gestion financière et la gestion du personnel ont été confiées à Sylvain Augé, chef de service à la chambre d’agriculture, pour que Gérard Bresson puisse dégager du temps à son activité principale ». La Haute-Saône était le dernier département franc- comtois à disposer d’une structure départementale pour ce service ; elle rejoint désormais l’établissement interdépartemental où elle dispose d’une minorité de blocage. Une transition « en bonne intelligence », se félicite Michel Daguenet, les éleveurs n’ayant d’ailleurs pas senti le changement au niveau du service.

Le nouveau règlement zootechnique a eu raison de la fusion
Au contrôle laitier non plus, les années ne sont pas faciles. Principalement parce que si le nombre de vaches contrôlées est toujours stable voire en hausse depuis une dizaine d’années, le nombre d’adhérents est lui en baisse constante depuis plus de 20 ans. Une tendance conforme à la démographie de l’agriculture haut-saônoise et à la typologie des élevages laitiers du département. À force, les ressources en diminution ne peuvent plus permettre de déployer les mêmes moyens humains. Le projet de fusion avec le Jura, annoncé à l’AG de l’année dernière, avait aussi pour but de réaliser des économies d’échelle. Un espoir douché par l’arrêt du montage fin avril 2015, qui a buté sur des enjeux plus forts. « Le nouveau règlement zootechnique européen, avec son système de contrats, a bouleversé le projet », explique le président Régis Brepson. Les partenaires de chacune des deux structures se retrouvaient en effet concurrents sur les mêmes appels d’offre.

Conseil Élevage à nouveau dans le vert
C’est donc dans ce « contexte morose » que Haute-Saône Conseil Élevage va « adapter les services rendus aux éleveurs », d’après les mots de son président, pour leur permettre de passer la période difficile. Un service « low-cost » avec des protocoles moins complets et moins chers va être mis en place. À côté, d’autres outils restent disponibles, comme le programme Modlait, la détection de l’acétonémie, ou encore les tests IDEXX pour une détection précoce de la gestation (21 jours). Quant au projet un instant évoqué de quitter le labo de Rioz pour investir dans un labo propre à Conseil Élevage, Régis Brepson a assuré qu’aucune décision n’avait encore été prise, dans l’attente d’une nouvelle réunion le 4 avril. « À chacun de faire ses avancées en termes de tarifs et de pratiques », a-t-il lancé. La bonne nouvelle dans ce marasme économique : Haute-Saône Conseil Élevage a pu présenter des comptes enfin à l’équilibre, avec un résultat courant à 11 k€, contre -56 k€ l’année dernière.

Les antibiotiques critiques : une ressource à protéger
Invité à venir clôturer l’AG du GDS, le directeur adjoint de la DDCSPP Thomas Clément a évoqué les dernières nouveautés en termes de lutte contre l’antibiorésistance. Un décret paru le 25 mars a ainsi imposé des restriction d’usage sur les céphalosporines et fluoroquinolones (9 substances, type Excenel, Cobactan, Marbocyl). Ce même décret a également imposé une interdiction formelle pour une cinquantaine d’antibiotiques critiques dont l’usage est considéré important en santé humaine. Une prudence qui s’impose, quand on sait qu’une nouvelle molécule antibiotique nécessite au moins 10 ans de recherche, qui peut être réduite à néant par l’apparition rapide (et irréversible) d’une antibiorésistance.

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