Stratégie de fertilisation azotée

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Blé d’hiver / 2016 s’annonce extrêmement précoce si l’on considère l’arrivée du stade “épi 1 cm”, stade clé dans le pilotage de la fertilisation azotée. Il est important de réserver 40 unités d’azote pour un apport à la dernière feuille pointante.

L’apport au stade “épi 1 cm” intervient en début de montaison des céréales, c’est-à-dire au moment de la reprise de croissance de la culture quand les besoins en azote augmentent. C’est à ce moment précis qu’il faut apporter la plus forte dose d’azote dont on réservera, généralement, 40 unités dédiées à un pilotage plus précis entre les stades dernière feuille pointante et gonflement. C’est la bonne méthode pour assurer une teneur en protéines élevée sans pour autant prendre de risque vis-à-vis du rendement.

10 à 15 jours d’avance
La date d’apparition du stade “épi 1 cm” n’est pas « gravée dans le marbre ». Elle est variable selon l’année, la variété et la date de semis. C’est le moment d’observer les parcelles car les situations sont très variées en fonction de la variété et de la date de semis.
En 2016, l’année s’annonce extrêmement précoce comme l’illustrent deux situations : en plaine de Dijon, l’année est prévue aussi précoce qu’en 2007 avec environ 10 jours d’avance par rapport à la médiane des 20 dernières années. Dans le nord de l’Yonne, 2016 s’annonce sans aucun doute comme l’année la plus précoce depuis 20 ans ! Dans ce contexte particulier, une carence azotée survenant fin tallage – début montaison sur des cultures très développées ralentira l’émission et limitera le développement des plus jeunes talles, non productives, qui de toute façon sont appelées à disparaître au cours de la montaison ; un jaunissement dû à un défaut d’alimentation azotée survenant sur des parcelles bien développées n’aura aucune conséquence sur le rendement à ce stade.
Dans tous les cas, il est intéressant de profiter des pluies annoncées pour réaliser un apport d’azote afin que celui-ci soit mieux valorisé. Penser néanmoins à reporter au moins 40 kg N/ha pour piloter un apport à dernière feuille.

Penser au soufre
Concernant les parcelles ayant déjà reçu un apport « plein tallage » d’environ 40 kg N/ha, pour le stade “épi 1 cm”, réaliser un second apport d’azote en réservant au minimum 40 unités pour un pilotage plus précis entre les stades dernière feuille pointante et gonflement. Quant aux parcelles n’ayant pas encore reçu d’azote, les plantes entrent dans la période où leurs besoins augmentent significativement. Apporter l’azote en s’adaptant au niveau de la dose prévue à “épi 1 cm”. Cette stratégie peu fréquente « d’apport décalé » semble adaptée à l’année très précoce et au fait que les blés ont absorbé beaucoup d’azote. Dans ce cas, appliquer environ 10 jours avant la date prévue du stade “épi 1 cm”, 60 % de la dose initialement prévue puis le complément, soit 40 % 10 à 15 jours après.
C’est aussi le moment des apports de soufre dans les situations à risque de carence (sols superficiels ou pluviométrie hivernale importante). Du côté des orges d’hiver, pour les doses totales supérieures à 160 kg N/ha (hauts potentiels), le second apport peut être fractionné en deux : 60 % à 70 % de la dose à épi 1 cm puis le complément à 1-2 N.

Diane Chavassieux (ARVALIS – Institut du végétal)

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