Coup de chaud sur les céréales

champs

Grandes cultures / Le pic de chaleur de la fin de semaine dernière s’est conjugué avec des réserves hydriques basses, et devrait limiter un peu les potentiels de rendement assez élevés de cette campagne.

«Jusqu’à la dernière décade de mai, nous étions sur un scénario d’année climatique à potentiel élevé à très élevé, du niveau de 97-98, détaille Eric Raclot, conseiller Grandes Cultures à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône : les différents aléas climatiques avaient été globalement bien compensés par les cultures. » Avec plus de 35°C localement, et des nuits très douces, de 16 à 19°C, le pic de chaleur de la fin de la première semaine de juin, sans avoir pourtant atteint des records, aura toutefois des conséquences sur les rendements. « Ces températures élevées sont survenues dans un contexte de réserve hydrique des sols faibles, voire très faibles : nous sommes proches de la réserve de survie, même en sols profonds… ce qui va faire la différence, à potentiel agronomique équivalent, c’est la qualité du système racinaire, qui dépend des conditions de mise en place (travail du sol, conditions météo au semis…). »

Qualité d’enracinement

Reste que selon les cultures, et leur degré d’avancement dans leur cycle physiologique, le préjudice n’est pas du tout le même. « Pour l’orge d’hiver aussi bien que le colza, cet épisode chaud a seulement accéléré la dernière phase du cycle : la maturité physiologique est atteinte, désormais, on ne fait plus du rendement, on perd de l’eau. Pour le blé d’hiver, c’est plus délicat en revanche, car on est dans la dernière composante du rendement, le poids de 1000 grains (PMG). Or, compte-tenu des bonnes conditions jusqu’à présent, le nombre d’épis au m² et de grains par épis est élevé. L’inconnue, c’est la capacité de cette végétation abondante à résister au stress climatique, avant l’épisode pluvieux annoncé pour cette fin de semaine. L’impact d’un déficit hydrique conjugué à des températures élevées peut être de 5 à 10 quintaux par hectare. » Les céréales de printemps, dont le cycle est plus court, souffriront davantage de la sécheresse relative qui sévit. « Les potentiels des orges de printemps sont très moyens, à peine 40 à 50 quintaux/ha. Si la situation perdure, c’est aussi la qualité qui sera impacté, avec éventuellement des conséquences sur les taux de protéines. », poursuit le technicien. Pour les cultures de printemps, telles que le tournesol, le maïs ou le soja, rien de dramatique pour l’instant, même si quelques précipitations seraient bienvenues. « Le maïs est actuellement au stade 8-9 feuilles, il rentre dans une phase de croissance très dépendante de l’eau et de l’azote. Or, sans pluie, l’apport d’azote sous forme d’urée peut être perdu à 60% par évaporation. » Reste que le rendement n’est pas la seule variable du revenu agricole : le contexte international voit la conjugaison de plusieurs éléments de hausse des prix. Les faibles récoltes de canola au Canada, impacté par les gelées, devraient favoriser la remontée des cours du colza, même si un prix bas du pétrole limite l’intérêt économique des biocarburants. La sécheresse en Inde, les inondations au Texas et la situation politique tendue du côté de l’Ukraine devraient aussi améliorer les prix du blé…

AC

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *