Maximiser l’efficience des traitements fongicides sur blé

Arvalis

Blé / Le climat en cours est chaotique : il fait sec, il pleut, il fait chaud, il fait froid. Toutes les conditions sont réunies pour provoquer des contaminations des feuilles émergentes par la septoriose. L’objectif de la protection est d’assurer un état sanitaire le meilleur possible des deux derniers étages foliaires le plus longtemps possible. Afin de procurer la meilleure efficience aux fongicides appliqués, les conditions d’application sont déterminantes.

La réussite d’un traitement fongicide contre les maladies du feuillage, en particulier la septoriose, dépend avant tout de la bonne adéquation entre la date de traitement (stade de la maladie/stade de la plante), le produit et la dose. Tout aussi importantes sont les conditions climatiques au cours de l’application, voire juste avant et juste après. Pour les fongicides à mode d’action systémique (triazoles, SDHI,…) une forte hygrométrie favorise la dilatation des cires épicuticulaires et donc le passage des molécules à travers la cuticule. Par ailleurs, une température comprise entre 12 et 20 °C permet d’accélérer les réactions biochimiques, le transport de sève et donc la circulation de ces molécules dans la plante.
Pour des traitements avec des produits de contact (Chlorothalonil), une forte hygrométrie permet d’augmenter le temps d’évaporation des gouttes sur les feuilles. Enfin, il est recommandé de traiter aux périodes de vent nul (en particulier tôt le matin). En effet, un vent fort provoque un phénomène de dérive du produit qui n’atteint pas la cible désirée.
Afin d’assurer une bonne couverture de la cible, il a longtemps été conseillé de traiter avec des volumes de bouillie de 150-200 l/ha. Aujourd’hui, la réduction de ces volumes autour de 50 à 70 l/ha (on parle alors de bas volumes), pour une dose donnée, constitue une étape supplémentaire pour rendre les produits encore plus efficients. Cette technique de traitement permet de réduire la consommation en eau mais aussi, et surtout, entraîne un gain de temps considérable. Ce gain de temps offre à l’agriculteur davantage de fenêtres climatiques optimales en termes de température, de vent et surtout d’hygrométrie pour intervenir sur ses parcelles. Il va sans dire que calibre des buses, pression, vitesse d’avancement doivent être adaptés à ces bas volumes. Le fongicide étant mélangé à un plus faible volume d’eau, il est par conséquent plus concentré dans les gouttelettes de bouillie, ce qui augmenterait son efficacité. De par cet effet concentration, est-ce qu’une diminution des doses de produit serait alors envisageable sans que l’efficacité ne soit amoindrie par rapport à un traitement à haut volume ? Pas si simple comme l’ont montré les résultats des 51 essais réalisés entre 2010 et 2013 dans le nord de la France.

Principales conclusions
– Quelque soit le nombre de traitements, il faut d’abord ajuster la dépense fongicide globale à la nuisibilité attendue.
– Pour une dépense fongicide globale donnée, la stratégie de fractionnement avec des doses réduites fréquentes (par exemple à la sortie de chaque feuille) est surtout intéressante pour des nuisibilités supérieures à 15-20 q/ha. Veiller à bien alterner des matières actives différentes au cours du cycle de traitement afin de ne pas favoriser les risques de résistance.
– L’adjuvantation de la bouillie avec engrais à caractéristiques humectantes et mouillant n’a d’intérêt que pour les fortes nuisibilités des maladies et pour les doses faibles.

Luc Pelce
ARVALIS – Institut du végétal

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