Timide relance en viande bovine

 

Élevage / L’assemblée générale d’Elvea s’est tenue dans une actualité nationale tendue, avec notamment beaucoup de déceptions sur la réalité du transfert annoncé des aides PAC vers l’élevage. A l’issue de la réunion, les participants ont pu visiter les installations neuves de l’unité de méthanisation de la SARL Gauthier.

L’année 2014 n’aura pas été aussi catastrophique pour la filière bovine qu’elle l’a été pour la filière porcine, mais elle ne restera pas dans les annales. C’est en tout cas ce qu’a expliqué Jean-Michel Ferry, le président du collège acheteur d’Elvea Franche-Comté. « Le prix a globalement baissé de 6 %, suite à une augmentation de l’offre notamment, explique le commerçant d’Ormoiche. Ce sont les jeunes bovins qui ont été touchés en premier (3 %), puis à partir de septembre les vaches laitières également. » Pour ces dernières, la chute du prix a été d’environ 8 %, et jusqu’à 11 % pour les conformation R.

Reprise en vue pour 2015
Mais après cette année marquée par l’embargo russe et les difficultés à l’export au Maghreb (épisode de fièvre aphteuse), il semblerait qu’une timide reprise se fasse sentir. « Aujourd’hui, toutes les exportations sont ouvertes, résume le président d’Elvea, Philippe Auger. Sauf la Russie, et encore l’export reste ouvert pour les producteurs. » Mais attention : « Ce n’est pas parce que c’est ouvert que c’est facile ». En Turquie par exemple, un nouveau délai de quarantaine va pénaliser les entrées en provenance de notre pays. Attention cependant, l’embellie ne devrait pas être à la hauteur de ce que la filière avait connu en 2012 et 2013 (avec des prix moyens pondérés flirtant avec les 4 €), et « les charges restent élevées ».

Les démarches qualités
Raison de plus, pour le président de poursuivre les actions autour des démarches qualité. C’est déjà ce qui avait été fait en 2014 avec par exemple la démarche Charolais Label Rouge (111 animaux labellisés sur l’année), ou encore la démarche Montbéliarde qualité Carrefour. Cette dernière qualification, en perte de vitesse ces dernières années (57 bêtes concernées seulement sur les 3 départements franc-comtois) a été pénalisée par un changement du cahier des charges : les magasins sont désormais spécialisés à une seule race. « C’est dommage, déplore Philippe Auger, car les consommateurs sont plus mobilisés par une notion de proximité que par une race définie. »
La filière Leclerc à Pusey et Lure (70) a en revanche bien marché en 2014. La plus-value pour les fournisseurs n’est pas négligeable ; il reste maintenant à convaincre les autres magasins de la région de rentrer dans le système, qui a permis de valoriser 49 vaches et 87 génisses sur l’exercice. « Ce n’est pas facile, ce sont des indépendants », rappelle Philippe Auger. C’est également avec l’abatteur de Leclerc, Kermené, que s’est déroulée l’action « 4 000 vaches pour Kermené ». Cette opération consistait à fournir via les collèges acheteurs 4 000 vaches de race viande, de catégorie R = à U =, issues d’élevages adhérant à la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage et adhérents à Elvea, pour une action visant à « promouvoir la viande du troupeau allaitant au sein des magasins Leclerc ». Cette opération a permis de valoriser 212 bovins chez 32 adhérents, d’Elvea Franche-Comté, pour un bonus final de l’ordre de 4 300 € de plus-value.

La France indemne d’ESB
Dans l’actualité, la France va retrouver son statut « risque négligeable » à partir du mois de juin. « Une des conséquences, prévient Philippe Auger : le protocole de dépistage dans les abattoirs va tomber… sauf pour les bovins nés avant 2002. » Conséquence : pour ces animaux-là, le coût des analyses risque d’être répercuté sur les vendeurs, avec à la clef une baisse du prix d’achat. Quel impact ? Nul ne le sait encore, mais d’après la BDNI (base de données nationale d’identification), cela pourrait concerner 300 000 vaches allaitantes. Cela vaut la peine en tout cas, sans précipitation, de faire le point dans son cheptel pour vérifier le nombre de bêtes concernées. n

LD

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