Quelle « ambition bio » ?

 

Agriculture biologique / Le groupement d’agriculture biologique de Haute-Saône (GAB 70) a tenu son assemblée générale mercredi 11 mars dans un contexte national houleux, puisque le ministère avait annoncé une baisse des aides au maintien de 25 % en 2014.

La bio haut-saônoise se porte plutôt bien. Conversions, prix du lait, consommation, la plupart des indicateurs sont dans le vert. Pourtant mercredi dernier à Chargey-les-Port, la nouvelle qu’apportait Philippe Loridat, président d’Interbio, n’était pas des plus rassurantes : le ministère de l’agriculture annonce une coupe de 25 % des aides au maintien.

Les bios n’échappent pas aux coupes budgétaires
Car comme leurs collègues du conventionnel, les bios n’échappent donc pas aux coupes budgétaires. « Je suis allé négocier des aides dont personnellement je ne suis pas très friand, tant elles nous rendent dépendants », explique Philippe Loridat. Pourtant, pour les bios, l’enjeu est d’envergure. Avec le nombre important de nouveaux agriculteurs produisant sous le cahier des charges de l’agriculture biologique, la difficulté n’est pas tant de « passer en bio » que d’y rester. La crainte est double : une déstabilisation des marchés, et un effet d’aubaine. « Si on assiste à beaucoup de conversions, cela va déstabiliser les cours, surtout en céréales et en lait », continue le président d’Interbio. « Nous allons connaître la même volatilité que dans le conventionnel ». Un passage obligé dès lors que l’on quitte un marché de niche pour entrer dans le marché tout court ?C’est la raison pour laquelle les revendications tournent autour d’une aide au maintien substantielle, même si, coquetterie verbale, « elle ne devrait pas s’appeler un maintien, ce n’est pas une béquille que l’on demande ». Et pour pousser la logique jusqu’au bout et empêcher l’effet d’aubaine, les bios réclament même un plafonnement des aides à la conversion. Une position pas facile à défendre à l’extérieur du milieu : « On nous reproche de ne pas vouloir pousser le développement de la bio, plaide le président d’Interbio. Mais tout ce que nous voulons c’est que les conversions soient durables, pas seulement pour les 5 ans que durent les aides. » De son côté, le crédit d’impôt n’est en tout cas pas remis en cause. Mais la crainte de la baisse des aides a poussé les bios de Franche-Comté à manifester le 17 mars, comme partout en France, devant la préfecture de région à Besançon. La manifestation a rassemblé une centaine de manifestants. « Il manque 14 millions d’euros au niveau national », regrette Nathanaël Bourdier, président du Grab. Pour mémoire, le dernier slogan lors de la manifestation de décembre : le ministère « affiche Bio pour faire Beau »… Cette fois en tout cas, la manifestation a porté ses fruits, car le ministère aurait annoncé avoir trouvé les fonds manquant.

Un parcours à l’installation dédié
Une dernière revendication forte des bios : un parcours dédié à l’installation. Le président du GAB 70, Vincent Eyer, a ainsi rappelé la tenue du forum le 25 mars : « Demain je m’installe en bio ». En trame de fond, il y a la volonté de la profession de spécialiser le parcours personnalisé pour favoriser les installations en bio. De fait, presque un quart des inscrits au Registre Départemental à l’Installation dans le département ont une volonté plus ou moins ferme de s’installer en bio. Mais seule une partie de ceux-là y parvient, puisque l’an passé, sur les 53 installations dans le département, cela n’a concerné que 7 exploitations. Pour accompagner les nouveaux bios dans le département, le GAB 70 offre en tout cas des pôles spécialisés dynamiques, en particulier le pôle maraîchage, qui ambitionne de monter un site internet. Avec « une partie publique pour faire la promotion de nos produits », et une partie privée réservée à la quinzaine de producteurs, pour « échanger sur nos pratiques », explique le responsable du groupe. Le groupe revendique également un plus grand support technique, puisqu’ils ne disposent pas au niveau régional d’un technicien dédié, malgré un « bon soutien de la chambre départementale d’agriculture », avec l’appui de Mickaël Grevillot notamment. Du côté des producteurs de lait, on note la création d’une OP laitière transversale bio, dans le Grand-Est, qui concerne principalement les producteurs bio livrant à Lactalis et à Mulin. « On craignait beaucoup de conversions et une chute du prix du lait, explique Philippe Zwer, mais finalement la hausse du prix a été de près de 20 euros/1000L ».

LD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *