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Convertir son exploitation à l’agriculture biologique / Régis Laut, éleveur viande à Recologne les Rioz, a converti récemment son exploitation à l’AB. L’accompagnement par la Chambre d’agriculture lui a permis d’acquérir des références et de bénéficier de l’expérience des autres producteurs pour réussir sa transition.

Pour Régis Laut, éleveur allaitant en Gaec à deux sur les plateaux de Haute-Saône, le passage à la bio en 2016 a été motivé pour une bonne partie par un “raz-le-bol” administratif : « toutes les contraintes documentaires liées à la réglementation, sur les phytos, sur les médicaments… me sont devenues insupportable. J’ai opté pour la bio dans une optique de simplification. », explique-t-il. Ce choix a nécessité de nombreuses adaptations du système, comme la diminution de la surface en cultures de vente (orge et colza) au profit de l’introduction de prairies temporaires dans l’assolement, le recours aux légumineuses, l’implantation de méteils comportant du pois destinés à l’alimentation du troupeau… De même, la conduite de l’élevage des 110 vaches allaitantes charolaises a été revue. « J’ai conservé la race charolaise, bien adaptée par sa rusticité, capable de bien valoriser les fourrages grossiers et dont les broutards sont facile à vendre. En revanche nous sommes passés à deux périodes de vêlage pour limiter les problèmes sanitaires et bien valoriser l’herbe. Côté génétique, je choisis des taureaux d’IA sur les qualités laitières, ce qui me permet de réduire les concentrés, et j’utilise aussi le gène sans cornes, pour respecter le cahier des charges bio sur l’écornage. Le gros changement a aussi été d’abandonner la synchronisation des chaleurs, interdite en AB : je suis passé au monitoring avec un détecteurs de chaleurs basés sur un capteur d’activité – chaque vache est équipée d’un collier – et pour la surveillance des vêlages nous nous sommes équipés de Smartvel, qui nous alerte par SMS. »

Formations et échanges
Tous ces changements de conduite se sont nourris de formations et d’échanges, en particulier avec le conseiller de la Chambre d’agriculture. « Dès le premier rendez-vous, Mickaël Grevillot m’a aidé à recadrer mon projet : sur la question du désherbage en grandes cultures par exemple, c’était un sujet que j’appréhendais… il m’a aidé à comprendre que c’était plutôt la problématique de la fertilisation azotée qu’il fallait intégrer dans ma démarche. » Les rencontres avec d’autres agriculteurs bios du département, au sein du GAB70, ont aussi été très enrichissantes. « J’avais vu, en tant qu’expert sinistres, que des bios étaient capable de faire aussi bien que des conventionnels… à condition d’être technique. J’ai pu bénéficier de leurs expériences, comprendre les grands principes qui font qu’on réussit à se passer de désherbant par exemple en décalant la date de semis. Comment gagner en autonomie en faisant un trèfle sous couvert de blé… »

Alexandre Coronel

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