Position confortée pour JA-FNSEA

Les élections aux chambres d’Agriculture ont largement confirmé la position majoritaire de la FNSEA et de JA dans le paysage syndical agricole, avec plus de 55 % des voix. La baisse de la participation, de 8 points depuis 2013, ne modifie pas le poids de chaque syndicat, puisque les scores de la Coordination rurale et la Confédération paysanne restent autour de 20 %, comme en 2013.

Avec 55,7 % des voix, les listes JA+FNSEA sortent largement majoritaires de ces élections aux chambres d’Agriculture 2019, pour le collège 1, celui des exploitants agricoles. Un score stable par rapport aux précédentes élections de 2013 où les deux syndicats avaient obtenu 55,6 % des suffrages. Une victoire qui, pour Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, traduit « la force d’un réseau, et d’un travail dans la proximité au quotidien ». Depuis octobre 2018, plus de 400 réunions et événements ont en effet été organisées par la FNSEA et JA dans les territoires, et près d’une centaine de meetings ont été tenus pendant la campagne, en janvier 2019. Au total, les listes JA+FNSEA remportent ainsi 86 chambres, gagnant certains départements comme le Calvados, repris à la Coordination rurale qui détenait la chambre depuis 1995, et dont le président sortant ne se représentait pas. Le syndicalisme majoritaire lui prend également la Charente, et le Puy-de-Dôme que détenait une liste commune Coordination rurale/Confédération paysanne, deux départements perdus en 2013 à la suite de divisions internes. La FNSEA et JA passent également majoritaire à la Réunion. « C’est extrêmement emblématique pour nous, cela prouve que lorsque l’on fait campagne sur la base d’un projet, on peut remobiliser les agriculteurs », a souligné Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, lors de l’annonce des premiers résultats le 6 février.

Stabilité des autres syndicats
En effet, les minoritaires ne sont pas forcément reconduits dans les chambres qu’ils avaient acquises lors du précédent scrutin. À l’exception du Lot-et-Garonne, qu’elle conserve avec 59,7 % des voix, elle perd donc les deux départements où elle était majoritaire en 2013, mais parvient à conquérir la Vienne et la Haute-Vienne. Avec 20,06 % contre 20,84 % en 2013, le syndicat ne progresse d’ailleurs pas, en pourcentage des suffrages exprimés, mais reste le second syndicat agricole en France.
La Confédération paysanne reste stable elle aussi, à 19,39 % contre 19,74 %, et confirme sa place de troisième syndicat national. Elle arrive en tête à Mayotte et, de très peu, dans la Loire-Atlantique, à 2 voix d’écart avec la liste JA/FNSEA arrivée en deuxième position. Le Modef recule encore (2 %), n’arrivant en tête qu’en Guadeloupe grâce à une alliance avec JA. Le contexte ambiant de « dégagisme », comme l’a indiqué Christiane Lambert, n’a donc pas gagné le monde agricole. « Ceux qui voyaient les listes JA+FNSEA en dessous de 50 % se sont un peu trompés », a ainsi rappelé Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs, fier de cette victoire.

Moins d’un agriculteur sur deux a voté
Si le taux de participation des exploitants agricoles, 46,4 %, reste relativement important pour des élections professionnelles et traduit encore l’importance que les agriculteurs accordent à leurs corps intermédiaires, ce taux de participation chute de près de 8 points par rapport à 2013. La chute de la participation est donc continue depuis 2007 où un pic de participation avait été atteint : 58,0 % en 1995, 61,2 % en 2001, 66,4 % en 2007, 54,3% en 2013, et donc 46,4 % cette année. Pour la première fois, moins d’un agriculteur sur deux a choisi de voter lors de ces élections professionnelles. Pour l’ensemble des syndicats agricoles, si ce n’est pas un désaveu complet (la participation reste très importante comparée aux autres corporations), c’est au moins un affaiblissement significatif. Le décrochage important de la participation est à remettre en perspective avec le mouvement actuel des « gilets jaunes », et le sentiment général d’impuissance et de lassitude. Les crises agricoles successives pourraient avoir eu raison de la confiance des agriculteurs dans la capacité de leurs syndicats à défendre leurs intérêts. Les mesures prises pour anticiper ce désamour n’auront pas produit leur effet. Les nouveautés de ce scrutin étaient pourtant nombreuses : suppression de la condition d’inscription sur les listes électorales générales, allègement du contrôle municipal des listes électorales, Le vote électronique, introduit pour la première fois, a été choisi par 10 % des votants au niveau national.

LD d’après Agra

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