Un projet de magasin paysan à Vesoul

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Vente directe / Une réflexion est en cours pour monter un magasin de producteurs sur le bassin vésulien. Une zone de chalandise encore trop démunie dans ce domaine, ce que les consommateurs ne manquent pas de faire remarquer aux agriculteurs. Interview de Michaël Muhlematter, président de la FDPL 70. 

Haute-Saône Agricole (HSA) : Pourquoi un magasin de vente directe à Vesoul ?
Michaël Muhlematter (MM) : Souvent les gens nous interpellent, lorsque nous les rencontrons notamment lors d’opérations de communication ou de manifestations. Ils nous disent qu’ils aiemeraient bien nous aider, mais qu’ils ne savent pas où trouver nos produits. Les gens aujourd’hui sont prêts à faire un effort pour acheter en direct aux producteurs. Il faut les aider à aller jusqu’au bout.

HSA : La vente directe existe déjà pourtant ?
MM : Oui, elle existe, j’en fais moi-même comme beaucoup de producteurs. Et il y a déjà des points de vente de producteurs ; certains fonctionnent bien, mais à Vesoul il y a un manque, compte-tenu du fort bassin de population. La demande est là, reste à trouver l’offre. Il va falloir trouver assez de producteurs pour couvrir toute la demande des consommateurs. Le concept que nous imaginons, avec Cœur Paysan (voir par ailleurs) consiste aussi à réaliser des échanges. Il ne s’agit pas de devenir une centrale d’achats, mais on ne va pas proposer que des pommes de terre, des carottes et des poireaux en hiver. Il ne faut pas que nos clients aient besoin de passer au supermarché en sortant de chez nous.

HSA : Les consommateurs sont-ils durablement locavores ?
MM : Il y a un véritable changement dans le regard que les gens portent sur leur alimentation. En vente directe, nous voyons tous les âges, des jeunes (beaucoup de 25-40 ans) aux anciens. La seule classe d’âge qui manque un peu, semble-t-il, ce sont les 50-60 ans : la génération « hypers ». Pour le reste, la demande est là. Nous sommes loin d’avoir comblé toute la demande en termes de vente directe. Il y a encore beaucoup de place. Le problème sera plutôt de mobiliser assez de producteurs, d’en convertir même un certain nombre à se lancer dans l’aventure de la vente directe.

HSA : Quels sont les étapes à franchir ?
MM : Nous avons une idée claire du projet mais nous n’en sommes qu’au début ! Nous travaillons avec nos collègues d’Alsace sur le concept, mais nous devons encore mobiliser les paysans, trouver les bons producteurs et les bons produits. Tout en gardant à l’esprit que cette initiative, qui va évidemment répondre à une forte demande locale, ne va pas résoudre tous les problèmes de l’agriculture : les 240 000 habitants de Haute-Saône ne vont pas consommer les 300 ML de lait produits dans le département ! Mais les mentalités des consommateurs changent, il faut les accompagner, et cela va aussi en adaptant nos modes de vente, et au besoin en promouvant de nouvelles productions locales.

Propos recueillis par LD

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